Le chrétien vit pour servir

Le Seigneur accomplit deux gestes, qui sont des institutions: deux gestes pour les disciples et pour toute l’Église qui viendra. Deux gestes qui sont le fondement de sa doctrine: l’institution de l’Eucharistie et le lavement des pieds. De ces gestes naissent les deux commandements: les deux commandements qui feront croître l’Église si nous sommes fidèles.
  1. Une étreinte entre le ciel et la terre
  2. La communion, « rencontre avec Jésus »
  3. À la fin de la messe, le temps du témoignage commence
  4. Eucharistie : nourriture pour la faim d’Amour
  5. Moi, je suis le pain vivant, qui est descendu du ciel
  6. Le Pain de vie, Jésus lui-même, et le sacrement de l’Eucharistie
  7. À chacun sa rencontre
  8. Mémoire et service
  9. Le chrétien vit pour servir

Partage : Quels sont les mots qui attirent mon attention et pourquoi ? Qu’est-ce que ce passage dit? Qu’est-ce que ces paroles ont à voir avec ma vie ? Qu’est-ce que je réponds à cette Parole ?

Après avoir lavé les pieds de ses disciples, Jésus parla ainsi : Amen, amen, je vous le dis : un serviteur n’est pas plus grand que son maître, ni un envoyé plus grand que celui qui l’envoie. Sachant cela, heureux êtes-vous, si vous le faites. Ce n’est pas de vous tous que je parle. Moi, je sais quels sont ceux que j’ai choisis, mais il faut que s’accomplisse l’Écriture : Celui qui mange le pain avec moi m’a frappé du talon. Je vous dis ces choses dès maintenant, avant qu’elles n’arrivent ; ainsi, lorsqu’elles arriveront, vous croirez que moi, JE SUIS.  Amen, amen, je vous le dis : si quelqu’un reçoit celui que j’envoie, il me reçoit moi-même ; et celui qui me reçoit, reçoit Celui qui m’a envoyé. » (Jn 13, 16-20)

Le chrétien vit pour servir [1]

Combien chaque chrétien pourrait-il apprendre si, avec « humilité », il se laissait regarder par Jésus avec le même regard que celui avec lequel le maître regarda ses amis pendant la dernière Cène. Il pourrait partager le privilège qui fut celui des apôtres de recevoir et comprendre ce que signifie pour sa vie l’héritage de Jésus, le testament qu’il confia à deux gestes: l’institution de l’Eucharistie et le lavement des pieds.

C’est au moment suprême où Jésus prend congé des apôtres avant la Passion [2]. Dans ce congé, le Seigneur accomplit deux gestes, qui sont des institutions: deux gestes pour les disciples et pour toute l’Église qui viendra. Deux gestes qui sont le fondement de sa doctrine: l’institution de l’Eucharistie et le lavement des pieds. De ces gestes naissent les deux commandements: les deux commandements qui feront croître l’Église si nous sommes fidèles.

Avant tout, il y a le premier commandement, qui est celui de l’amour. Et il est nouveau parce qu’il y avait le commandement de l’amour — aimer mon prochain comme moi-même — mais celui-ci marque une étape supplémentaire: aimer son prochain comme moi je vous ai aimés. Donc: l’amour sans limites, sans lequel l’Église ne va pas de l’avant, l’Église ne respire pas.

Il y a ensuite l’autre geste, celui du lavement des pieds, dans lequel Jésus nous enseigne le service, comme voie du chrétien. Le chrétien existe pour servir, pas pour être servi. Et c’est une règle qui vaut toute la vie. L’héritage de Jésus est cela: “Aimez-vous comme je vous ai aimés” et “servez-vous les uns les autres”. Lavez les pieds les uns des autres, comme j’ai lavé vos pieds.

Au cours de la dernière cène, donc, le Seigneur a laissé les deux commandements de l’amour et du service, et également un avertissement: Vous devez aimer comme des serviteurs, vous devez servir, parce que vous êtes des serviteurs. Et l’explication de ces paroles est également une règle de vie: “En vérité, je vous dis: un serviteur ne peut pas être plus grand que son maître, et un envoyé ne peut pas être plus grand que celui qui l’a envoyé”. C’est-à-dire: Vous pourrez célébrer l’Eucharistie, vous pouvez servir, mais envoyés par moi, Vous n’êtes pas plus grands que moi. Il s’agit de l’attitude de l’humilité simple, pas de l’humilité fausse : de l’humilité qui vient de la conscience qu’il est plus grand que nous tous, et que nous sommes serviteurs, et que nous ne pouvons pas dépasser Jésus, nous ne pouvons pas utiliser Jésus. C’est Lui le Seigneur, pas nous. Il est le Seigneur.

Voilà donc le testament du Seigneur. Il se donne à manger et à boire, et il dit: aimez-vous ainsi. Il lave les pieds et il dit: servez-vous ainsi, mais attention, un serviteur n’est jamais plus grand que celui qui l’envoie. En quelques lignes, le « fondement de l’Église ».

Ce sont des paroles et des gestes contondants. Mais si nous allons de l’avant avec ces trois choses, nous ne nous tromperons jamais. Les martyrs sont allés de l’avant ainsi, et aussi de nombreux saints anonymes. Je crois que cela nous fera du bien, à nous tous, dans un moment de silence, de nous laisser regarder par le Seigneur et de regarder le Seigneur, de reconnaître que Jésus nous a enseigné l’amour, avec l’Eucharistie, et le service avec le lavement des pieds, comprendre que personne n’est plus grand que celui qui l’a envoyé et être conscients d’être face à celui qui nous connaît. À ce moment-là, il est bon de laisser le regard de Jésus entrer en moi. Nous sentirons tant de choses: nous sentirons l’amour, ou peut-être serons-nous bloqués, nous éprouverons de la honte. En tout cas, laisser toujours venir le regard de Jésus. Le même regard avec lequel il regardait ce soir-là, au cours de la cène, les siens.

[1] Pape François.  Méditation matinale du 26 avril 2018.

[2] Jn 13, 16-20.

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