Demeurer en Jésus, voilà la vie chrétienne

Les fruits de cette union profonde avec Jésus sont merveilleux : toute notre personne est transformée par la grâce de l’Esprit : âme, intelligence, volonté, sentiments, et aussi le corps, car nous sommes une unité d’esprit et de corps. Nous recevons une nouvelle façon d’être, la vie du Christ devient la nôtre : nous pouvons penser comme lui, agir comme lui, voir le monde et les choses avec les yeux de Jésus. Par conséquent, nous pouvons aimer nos frères, à partir des plus pauvres et souffrants, comme Il l’a fait lui, et les aimer avec son cœur et porter ainsi dans le monde des fruits de bonté, de charité et de paix.
  1. C’est achevé
  2. Pâques a apporté la fraternité et le dialogue
  3. Messagers de la Joie de l’Évangile
  4. Sans une vision d’ensemble, il n’y aura d’avenir pour personne
  5. L’Église et l’équilibre du vélo
  6. La mission de Jésus
  7. La prière d’abord. Ensuite, le reste
  8. Demeurer en Jésus, voilà la vie chrétienne
  9. Demeurer uni à Jésus pour porter beaucoup de fruit
  10. Comment se transmet la foi
  11. Une paix définitive, féconde et contagieuse
  12. Conseils aux consacrés pour être féconds : prière, pauvreté, patience
  13. La lumière du diable s’évanouit, celle du Seigneur est permanente
  14. Un équilibre délicat entre vie cachée et visibilité

Partage : Quels sont les mots qui attirent mon attention et pourquoi ? Qu’est-ce que ce passage dit? Qu’est-ce que ces paroles ont à voir avec ma vie ? Qu’est-ce que je réponds à cette Parole ?

Moi, je suis la vraie vigne, et mon Père est le vigneron. Tout sarment qui est en moi, mais qui ne porte pas de fruit, mon Père l’enlève ; tout sarment qui porte du fruit, il le purifie en le taillant, pour qu’il en porte davantage. Mais vous, déjà vous voici purifiés grâce à la parole que je vous ai dite. Demeurez en moi, comme moi en vous. De même que le sarment ne peut pas porter de fruit par lui-même s’il ne demeure pas sur la vigne, de même vous non plus, si vous ne demeurez pas en moi. Moi, je suis la vigne, et vous, les sarments. Celui qui demeure en moi et en qui je demeure, celui-là porte beaucoup de fruit, car, en dehors de moi, vous ne pouvez rien faire. Si quelqu’un ne demeure pas en moi, il est, comme le sarment, jeté dehors, et il se dessèche. Les sarments secs, on les ramasse, on les jette au feu, et ils brûlent. Si vous demeurez en moi, et que mes paroles demeurent en vous, demandez tout ce que vous voulez, et cela se réalisera pour vous. Ce qui fait la gloire de mon Père, c’est que vous portiez beaucoup de fruit et que vous soyez pour moi des disciples. (Jn 15, 1-8)

Demeurer en Jésus, voilà la vie chrétienne[1]

L’Évangile d’aujourd’hui nous présente Jésus durant la Dernière Cène, au moment où il sait que la mort est déjà proche. Son « heure » est arrivée. Il se trouve avec ses disciples pour la dernière fois, aussi veut-il graver dans leur esprit une vérité fondamentale: même quand il ne sera plus physiquement parmi eux, ils pourront rester encore unis à lui d’une façon nouvelle, et ainsi porter beaucoup de fruits. Nous pouvons tous être unis à Jésus d’une façon nouvelle. Si au contraire l’un d’eux perdait cette union avec lui, cette communion avec lui, il deviendrait stérile, ou plutôt, nuisible pour la communauté. Et pour exprimer cette réalité, cette façon nouvelle d’être unis à lui, Jésus utilise l’image de la vigne et des sarments et dit: «De même que le sarment ne peut de lui-même porter du fruit s’il ne demeure pas sur la vigne, ainsi vous non plus, si vous ne demeurez pas en moi. Je suis la vigne; vous, les sarments» [2]. Par cette figure, il nous enseigne comment rester en lui, être unis à lui, bien qu’il ne soit pas physiquement présent.

Jésus est la vigne, et à travers lui — comme la sève dans l’arbre — l’amour même de Dieu, l’Esprit Saint, est transmis aux sarments. C’est cela: nous sommes les sarments, et à travers cette parabole, Jésus veut nous faire comprendre l’importance de rester unis à lui. Les sarments ne sont pas autosuffisants, mais dépendent totalement de la vigne, dans laquelle se trouve la source de leur vie. Il en va de même pour nous chrétiens. Implantés par le baptême dans le Christ, nous avons reçu gratuitement de lui le don de la vie nouvelle; et nous pouvons rester en communion vitale avec le Christ. Il faut demeurer fidèles au baptême, et grandir dans l’amitié avec le Seigneur par la prière, la prière de tous les jours, l’écoute et la docilité à sa Parole — lire l’Évangile —, participer aux sacrements, spécialement à l’Eucharistie et à la réconciliation.

Si quelqu’un est intimement lié à Jésus, il bénéficie des dons de l’Esprit Saint, qui — comme nous le dit saint Paul — sont « charité, joie, paix, longanimité, serviabilité, bonté, confiance dans les autres, douceur et maîtrise de soi » [3]. Tels sont les dons qui nous sont accordés si nous demeurons unis à Jésus; et par conséquent, une personne à ce point unie à lui fait beaucoup de bien à son prochain et à la société, c’est une personne chrétienne. Dans ces attitudes, en effet, on reconnaît si quelqu’un est un vrai chrétien, comme on reconnaît l’arbre à ses fruits. Les fruits de cette union profonde avec Jésus sont merveilleux : toute notre personne est transformée par la grâce de l’Esprit : âme, intelligence, volonté, sentiments, et aussi le corps, car nous sommes une unité d’esprit et de corps. Nous recevons une nouvelle façon d’être, la vie du Christ devient la nôtre : nous pouvons penser comme lui, agir comme lui, voir le monde et les choses avec les yeux de Jésus. Par conséquent, nous pouvons aimer nos frères, à partir des plus pauvres et souffrants, comme Il l’a fait lui, et les aimer avec son cœur et porter ainsi dans le monde des fruits de bonté, de charité et de paix.

Chacun de nous est un sarment de l’unique vigne; et tous ensemble, nous sommes appelés à porter les fruits de cette commune appartenance au Christ et à l’Église. Confions-nous à l’intercession de la Vierge Marie, afin que nous puissions être des sarments vivants dans l’Église et témoigner de façon cohérente de notre foi — cohérence de vie et de pensée, de vie et de foi, précisément — conscients que tous, selon nos vocations particulières, participons à l’unique mission salvifique du Christ.

[1] Pape François, Regina Cœli, Dimanche 3 mai 2015.

[2] Jn 15, 4-5.

[3] Ga 5, 22.

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