Comment se transmet la foi

Transmettre la foi ne revient pas à donner des informations, mais à fonder un cœur dans la foi en Jésus Christ. C’est pourquoi transmettre la foi ne peut pas se faire de façon mécanique, en disant: « prends ce livret, étudie-le et ensuite, je te baptiserai ». Non, il y a un autre chemin pour transmettre la foi: c’est transmettre ce que nous avons reçu. Voilà le défi d’un chrétien: être fécond dans la transmission de la foi. Mais c’est aussi le défi de l’Église: être une mère féconde, faire naître des enfants dans la foi. Dans cette perspective, je suggère deux voies pour la transmission de la foi: Dans l’amour et par le témoignage.
  1. C’est achevé
  2. Pâques a apporté la fraternité et le dialogue
  3. Messagers de la Joie de l’Évangile
  4. Sans une vision d’ensemble, il n’y aura d’avenir pour personne
  5. L’Église et l’équilibre du vélo
  6. La mission de Jésus
  7. La prière d’abord. Ensuite, le reste
  8. Demeurer en Jésus, voilà la vie chrétienne
  9. Demeurer uni à Jésus pour porter beaucoup de fruit
  10. Comment se transmet la foi
  11. Une paix définitive, féconde et contagieuse
  12. Conseils aux consacrés pour être féconds : prière, pauvreté, patience
  13. La lumière du diable s’évanouit, celle du Seigneur est permanente
  14. Un équilibre délicat entre vie cachée et visibilité

En ce temps-là, Jésus dit à Thomas : Jésus lui répond : « Moi, je suis le Chemin, la Vérité et la Vie ; personne ne va vers le Père sans passer par moi. Puisque vous me connaissez, vous connaîtrez aussi mon Père. Dès maintenant vous le connaissez, et vous l’avez vu. » Philippe lui dit : « Seigneur, montre-nous le Père ; cela nous suffit. » Jésus lui répond : « Il y a si longtemps que je suis avec vous, et tu ne me connais pas, Philippe ! Celui qui m’a vu a vu le Père. Comment peux-tu dire : “Montre-nous le Père” ? Tu ne crois donc pas que je suis dans le Père et que le Père est en moi ! Les paroles que je vous dis, je ne les dis pas de moi-même ; le Père qui demeure en moi fait ses propres œuvres. Croyez-moi : je suis dans le Père, et le Père est en moi ; si vous ne me croyez pas, croyez du moins à cause des œuvres elles-mêmes. Amen, amen, je vous le dis : celui qui croit en moi fera les œuvres que je fais. Il en fera même de plus grandes, parce que je pars vers le Père, et tout ce que vous demanderez en mon nom, je le ferai, afin que le Père soit glorifié dans le Fils. Quand vous me demanderez quelque chose en mon nom, moi, je le ferai. (Jn 14, 6-14)

Comment se transmet la foi [1]

Dans les grandes villes, ce sont toujours plus souvent les nounous étrangères qui servent de deuxième mère et qui transmettent, avec le caractère concret de l’amour et du témoignage, la foi aux enfants. Peut-être les parents, pris par mille engagements de travail, devraient-ils redécouvrir la beauté de leur rôle dans la transmission de la foi à leurs enfants et ne pas attendre le catéchisme dans la paroisse ou d’aller quelquefois à la Messe. C’est une puissante invitation à être des témoins de l’Évangile pour susciter la curiosité chez ceux qui ne croient pas et ouvrir ainsi au travail de l’Esprit Saint. Avec une pensée particulière pour tous les parents et la suggestion de ne pas transmettre la foi en faisant du prosélytisme ou en cherchant des appuis comme pour une équipe de football.

Dans le passage de la lettre aux Corinthiens, on parle de la transmission de la foi [2]. Transmettre la foi ne revient pas à donner des informations, mais à fonder un cœur dans la foi en Jésus Christ. C’est pourquoi transmettre la foi ne peut pas se faire de façon mécanique, en disant: « prends ce livret, étudie-le et ensuite, je te baptiserai ». Non, il y a un autre chemin pour transmettre la foi: c’est transmettre ce que nous avons reçu. Voilà le défi d’un chrétien: être fécond dans la transmission de la foi. Mais c’est aussi le défi de l’Église: être une mère féconde, faire naître des enfants dans la foi. Dans cette perspective, je suggère deux voies pour la transmission de la foi.

L’Église est mère si elle sait transmettre la foi dans l’amour, toujours avec un air d’amour; on ne peut pas transmettre la foi sans cet air maternel. Au point que quelqu’un a écrit élégamment que la foi ne se donne pas, il faut la faire naître. Et c’est précisément l’Église qui fait naître la foi en nous: c’est-à-dire que la transmission de la foi se fait toujours dans l’atmosphère de l’amour, de la mère Eglise, elle se fait à la maison. Saint Paul lui-même rappelle un beau passage à Timothée, “je me souviens de la foi de ta mère et de ta grand-mère”». Donc, c’est la foi qui doit être transmise de génération en génération, comme un don. Mais toujours dans l’amour, dans l’amour au sein de la famille: c’est là que se transmet la foi, pas seulement avec les mots, mais avec amour, avec des caresses, avec tendresse.

En substance, si la première attitude pour la transmission de la foi est l’amour, une autre attitude est le témoignage. En réalité, transmettre la foi n’est pas faire du prosélytisme: c’est une autre chose, et plus grande encore. Et Benoît XVI  l’a bien dit: “L’Église grandit non par prosélytisme, mais par attraction”. En effet, la foi se transmet, mais par attraction, c’est-à-dire par témoignage. Et aujourd’hui, nous célébrons la fête de deux apôtres, Philippe et Jacques, qui ont donné leur vie, qui ont transmis la foi par le témoignage. Il faut donc témoigner la foi. C’est un fait, que le témoignage provoque la curiosité dans le cœur de l’autre et que l’Esprit Saint se saisit de cette curiosité et commence à travailler « dedans ». Et ainsi, l’Église croit par attraction, grandit par attraction, et la transmission de la foi se fait par le témoignage, jusqu’au martyre. Au fond, ce que Paul écrit aux Corinthiensest simple : « J’ai transmis ce que j’ai reçu ». Mais très souvent, on entend dire à la maison: “Quand il ira au catéchisme, il apprendra”. Et très souvent ce sont les nounous, des femmes de foi, qui transmettent, qui donnent, qui transmettent la foi aux enfants: même des nounous étrangères. Peut-être les parents travaillent-ils, vont-ils à la Messe, une, deux, trois, quatre fois par an, peut-être vont-ils à la Messe, sont-ils catholiques, mais ils ne savent pas transmettre la foi; et ce sont les nounous qui transmettent la foi. Et cela est un fait que l’on voit tous les jours dans les grandes villes. La foi se transmet avec l’amour et la nounou est celle qui caresse, celle qui prend soin, qui fait grandir, qui aide la mère, qui est comme une deuxième mère. Cela est transmettre la foi dans l’amour, dans le témoignage.

En conclusion, demandons au Seigneur pour tant de parents, qu’ils prennent soin de cela, qu’ils sachent que transmettre la foi est une grande chose, très belle. Que le Seigneur nous donne à tous la force de rendre témoignage et, par le témoignage, de semer la curiosité; et que l’Esprit Saint prenne cette curiosité et ouvre le cœur pour recevoir la foi.

[1] Pape François, méditation matinale du 3 mai 2015.

[2] Cf. 1 Co 15, 1-8.

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